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VENEZ VOIR LA RELEVE...

J’expose depuis plus de cinq ans en permanence à la boutique de l’office du tourisme de la Picardie verte, 20 rue logis du Roy à Gerberoy des petits tableaux. Après une série intitulée « Maisons colorés », présente à la boutique depuis près de trois ans, voici une nouvelle série de trois micro tableaux qui prend place cette semaine intitulée « Hameau » que j’installe cette semaine.

Celle-ci est librement inspirée des belles maisons de Gerberoy, village classé parmi les plus beaux villages de France. Ces tableaux sont réalisés en petites tuiles plates du pays de Bray, les mêmes qui coiffent les maisons de ce village. Ces tableaux y resteront au moins deux ans à moins qu’ils ne partent un jour avec un des 14000 visiteurs annuels de l’office du tourisme. Au fait, qu’est-ce qu’un micro tableau ? Il a tout d’un grand, sauf la taille comprise entre 10 cmX12 cm et 12cmX18 cm. Pratique pour mettre sur un petit chevalet sur un buffet ou dans une bibliothèque.

Cette « relève » est l’occasion de parler du lien particulier que j’entretiens avec Gerberoy. Cela fait près de vingt que j’y expose, d’abord à la Maison du gué à l’entrée du village avec d’autres artistes, puis au sein de Gerberoy passionnément, manifestation qui consistait à ouvrir les jardins des particuliers pour y accueillir des artistes dont je fus, avec Patricia Rabeux, le commissaire d’exposition entre 2011 et 2013 et enfin désormais au jardin Robine attenant à l’office du tourisme en solo deux week-ends par an.

Gerberoy, c’est un lieu de croisement de populations, gens du Nord, Picards, Normands, Parisiens, Belges, Hollandais, Britanniques ou Allemands. C’est aussi un lieu d’inspiration. Quelques- unes de mes tuiles ou briques viennent de Gerberoy et du petit vallon qui descend vers le bois de Caumont. Si vous poussez la bonne porte, vous verrez même deux de mes sculptures, Trilogie et Coq en majesté, de part et d’autre d’une belle tonnelle installée dans un jardin en pente. Gerberoy , c'est aussi un village préservé où sont tournés des films d'époque comme Le rosier de Madame Husson d'après une nouvelle de Guy de Maupassant ou Le retour du héros avec Jean Dujardin.

 Il était normal, qu’après une si longue histoire, je consacre une série à ce village. Mais l’histoire n’est pas finie. La première édition du Parcours de portes ouvertes d’ateliers d’artistes en Picardie verte organisée début d’été 2026, aura une étape à Gerberoy comme dans douze autres villages de ce territoire.

 

Hameau 1

14X12 cm

tuile/ardoise

janvier 2026

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Hameau 2

12X17 cm

tuile/ardoise

avril 2026

Hameau 3

17X20 cm

tuile/ardoise

avril 2026

Burn out

LES SINGULIERS

Pour cette exposition à la galerie associative à Beauvais sur le thème du  handicap du 27 mars au 2 mai 2026, j'ai voulu parler des handicaps invisibles parfois, ceux liés à la santé mentale. Quatre sculptures, quatre cris du coeur et de révolte.

Ces sujets, je les ai abordé il y a quelques années avec des sujets sur le Burn out, la dépression, la charge mentale, les trous de mémoire. J'ai abordé ces sujets bien avant que ces sujets deviennent une grande cause nationale qui touche aussi bien les adultes que les jeunes. Comment représenter le mal être? Comment expliquer l'art, pratiquer l'art face au mal être? L'art guérit, l'art atténue les souffrances. L'art permet d'extérioriser les traumismes via l'artthérapie. L'art efface les différences.

Mon expérience artistique m'a amené à expliquer mon travail autant à des déficients visuels qu'à des déficients mentaux. soit dans mon atelier, Le Passage des Rêves avec les membres de l'association Le Fil d'ariane, soit au château Conti  à L'Isle Adam lors d'une exposition en mai 2024 avec les résidents de l'IME de Parmain, soit encore à la galerie associative avec les résidents de l'Arche lors d'un exposition en janvier 2025.

Leur contact, m'a permis un approfondissement de mon travail que je n'avais pas ressenti immédiatement. Je ne pouvais que répondre favorablement à cette proposition d'associer de façon inclusive le travail reconnu d'un grand photographe, oeuvrant sur les minorités, celui de plusieurs associations de personnes handicapées et celui d'artistes locaux.

Pour mieux comprendre cette exposition, je vous laisse découvrir sa présentation par les deux commissaires d'exposition.

"Cette exposition est née d’un désir fort : mettre en lumière les œuvres de personnes en situation de handicap du territoire, artistes en devenir, aux côtés d’artistes confirmés. À travers leurs créations, ces artistes dévoilent une part d’eux-mêmes, une sensibilité unique, une manière singulière d’habiter le monde.

Pour accompagner cette démarche, les artistes adhérents de la galerie ont été invités à sortir de leur zone de confort en créant des œuvres autour du thème du handicap.

Pour sublimer cet événement, nous avons l’honneur d’accueillir les œuvres du photographe Denis Darzacq, dont la série chorégraphiée réalisée avec des personnes en situation de handicap est d’une force poétique remarquable. Son travail, empreint d’onirisme et d’engagement, dialogue parfaitement avec l’esprit de cette exposition.

L'ensemble de ces exposants valides ou non composent une nouvelle communauté artistique que nous appelons Les Singuliers. Cette exposition est la célébration de  la créativité, de la diversité et de l’inclusion."

"Dire d'un homme  que c'est un handicapé parce qu'il est en fauteuil roulant, ne me permet pas de savoir s'il est beau, intelligent, drôle et séduisant. C'est juste un stéréotype réducteur et qui ne qualifie pas l'ensemble de cette personne " comme l'a dit fort justement Denis Darzacq en conclusion de son discours lors du vernissage. Une réflexion à méditer...

 

Burn Out

H : 25 cm

serre joint/brique

2019

 

 

 

Trous de mémoire

H : 64 cm

bois/métal

2012

 

Charge mentale

H : 24 cm

métal

2022

collection privée

 

Equilibre instable

H : 35 cm

brique/bois

2019

Cimg0819
Charge mentale  - H : 24 cm - métal
espace restreint - H : 35 cm - 2019

PRINTEMPS DES POETES 2026

Le printemps des Poètes a lieu le samedi 21 mars sur le thème "Liberté : La Force vive déployée" Comme un défi, ce texte  sur l'éloge de la contrainte: " Savoir accepter une certaine forme de contrainte, savoir choisir sa forme de contrainte est une forme de liberté".

Texte écrit lors de la représentation de textes récités par coeur sous forme théâtrale par la troupe d'Adeline Gouarné à Montroty ce samedi 21 mars 2026 sur des textes d'auteurs comme La Fontaine, Aragon ou Houellebecq dans le cadre du Café du savoir.

Etonnament, La représentation de la statue de la liberté dans le décor proposé pour cette représentation,  se rapproche d'une de mes dernières sculptures intitulée "Sirène prise dans les filets". Une histoire de piège qui se referme...

 

ELOGE DE LA CONTRAINTE…

 

Savoir accepter une certaine forme de contrainte,

Savoir choisir sa forme de contrainte,

C’est accepter la liberté au final

La vie est de toute façon faite de contraintes

La liberté est parfois cruelle et trompeuse

La liberté est un beau slogan mais souvent une coquille vide

La liberté est une perle rare à l’éclat fascinant

La liberté est comme une tentation irrépressible d’échappée belle.

La liberté aussi ce sont des espoirs déçus.

Et puis, les conseillers ne sont pas les payeurs

Savoir résister aux voix des sirènes,

Tel Ulysse attaché au mât de son bateau

Celles des ombres brunes pétries de frustration et de jalousie

Celles des ombres brunes masquées et chapeautées

Celles des ombres brunes qui avancent au nom de l’amitié et de la sororité

Celles des ombres brunes telles les harpies de la discorde

Celles des ombres brunes telles des oiseaux de malheur

La liberté ne se conçoit pas sans contrainte

Une contrainte raisonnable et raisonnée

Tel le moine dominicain jamais aussi libre

Qu’en respectant les règles de l’ordre

La cellule, la maison, l’aimant, autant de douces contraintes assumées.

En dehors, obscurité, folie et solitude.

Milles raisons nous y poussent pourtant !

Pour faire comme les autres portées par un vent de folie

Pour explorer les territoires inconnus,

Pour retrouver sa solitude juvénile perdue

Pour courir les chemins d’aventure tant qu’il est encore temps

Et finir dans la solitude de la liberté

Et regretter éternellement celle de la douce contrainte

Liberté trompeuse qui se permet d’effacer d’un trait de plume le mot amour

Se rappeler des temps heureux et pleurer seul

Pour un feu d’artifice court, intense et superficiel

Pour quelques brassées d’air pur chèrement payées

Tant la vie de liberté paraît douce, enivrantes de parfums grisants

La fable Le loup et les chiens, comme un lointain souvenir d’enfance

La liberté mot magique mais machine à faire souffrir aussi

La statue de la Liberté a sur son visage le rictus d’un bon coup pendable

La brillance de son flambeau érigé au-dessus de sa tête,

Vil piège travesti trop beau pour être vrai

Comme les feux des naufrageurs d’autrefois allumés sur les falaises

Pour faire échouer les navires

Pour faire échouer les âmes en peine

La liberté est parfois plus dure que la contrainte

La statue de la liberté se drape de filets sanglants couleur vermeille,

Autant de symboles des contraintes actuelles

Mais de mémoire de bâtisseurs, les filets structurent et font tenir debout

Mais de mémoire de bâtisseurs, les filets consolident et protègent,

Qu’il est doux cependant d’être deux dans le filet tissé par la vie

Et de cultiver patiemment toute une vie la conjugalité.

Cela vaut toutes les libertés du monde.

(Hemka)

 

Sirène prise dans les filets

H : 2é cm

terre crue/filets

janvier 2026

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A CONTRECOURANT...

2026 est déjà bien entamée. J'ai l'impression, pour ma part, d'être parti a contrecourant de la tendance générale si on en juge par les oeuvres présentées dans la bande annonce du Salon Lille Art UP sur Instagram, le plus grand salon d'art contemporain en dehors de Paris. On y voit des grands formats,de la couleur à profusion, des oeuvres bariolées et joyeuses. C'est normal, il faut donner envie au public de venir. Moi c'est du gris, du cassé, du noir. L'art est le reflet de l'âme, de mon âme du moment qui est triste et fracturée par l'état du monde. Le monde est aussi fracturé, en guerre, les immeubles explosent, les corps s'alignent sur les trottoirs. Et pourtant la représentation de l'art qu'on veut faire passer se veut optimiste, joyeuse, festive et surtout en grand format pour être bien visible.

Alors l'art est-il réservé à quelques "happy few" qui voient la vie en rose et ont des appartements suffisamment grands pour mettre des grands tableaux ou ont une âme de collectionneurs? Dubaï n'est plus visitable car sous les bombes, Qu'importe on ira passer le week-end prochain à Miami! Ou alors, comme le met en avant le sondage publié dans Beaux-arts magazine de février 2026, le public attend de l'art à plus de 55%  de la joie et du bonheur. La couleur, l'humour, la poésie donnent du bonheur et font entrer des ondes positives chez soi. La couleur est regénérante et apaisante. Or les galeries ont besoin de vendre, c'est leur finalité. Alors oublions les malheurs du monde, faisons nous plaisir et faisons la  fête! Et puis tant mieux si la notion de bonheur l'emporte. "Le bonheur fait figure  d'idée neuve pour une modernité qui confond souvent l'art avec une exploration des abîmes" comme l'écrit Marc Lambron dans le Point à propos d'une exposition de Renoir au musée d'Orsay. Certains diront que c'est une forme de résistance, de résilience ou qu'on ne pouvait pas imaginer le déclenchement de la guerre au Moyen-orient. D'autres parleront  d'inconscience ou d'insouciance d'autant que le thème retenu est "Horizons nouveaux".

Mon dernier tableau justement intitulé "Océan déchainé" représente lui des éléments déchainés, la tempête,  la houle et un univers hostile, une photographie plus juste  de notre monde actuel, mais pas de quoi faire rêver je le reconnais. Décidemment, j'ai l'impression de rouler à contresens sur l'autoroute de l'art...commercial. Je dois me situer dans les 26% d'artistes qui cherchent à remuer, choquer, surprendre le public ou même dans les 19% qui cherchent à faire comprendre le monde selon le sondage de Beaux arts magazine. On ne se refait pas. A quand le retour à la couleur ?

 

Océan déchainé

30X70 cm

zinc/ardoise

mars 2026

SEANCE SHOOT PHOTOS A L'ATELIER

Pour une fois, l'artiste ne s'efface pas derrière ses oeuvres. Christian CAFFIN et François BRION, de l'atelier photo de Beauvais, sont venus me photographier, en plein travail dans mon atelier et ma galerie Le Passage des Rêves le 28 février 2026. On s'était rencontré lors du Salon d'art contemporain organisé à l'Hôtel du département à Beauvais en février dernier.

L'atelier est le lieu le plus intime pour l'artiste. C'est là qu'il crée dans un univers ni beau, ni propre, où s'entassent les matériaux et les projets en cours. Pour résumer, un atelier "dans son jus" avec beaucoup de poussière, des odeurs de white spirit, des taches de peinture au sol et l'indispensable établi. Mais l'artiste s'y sent bien et s'y ressource. A défaut de voir l'atelier, vous pourrez découvrir ma tenue qu'on pourrait qualifier de bariolée.

Christian CAFFIN est un photographe reconnu pour ses photos de voitures anciennes. Il a aussi été sélectionné par le Festival de l'oiseau et de la nature en baie de Somme en 2025,  avec une photo de la côte Sainte Hélène à Saint Pierre es Champs dans l'Oise. Ce site est  connu pour sa table d'orientation et son calvaire en céramique réalisés par Juliette et Jacques DAMVILLE. La photo a été présentée à Cayeux sur Mer.

J'étais déjà plongé dans la réalisation du prochain tableau, intitulé, Composition florale 6, d'une dimension de 80X80 cm, composé de carreaux de ciment Colozier et de tuiles plates du Pays de Bray. Aussi j'ai vite oublié les objectifs de Christian et François braqués sur moi, ce qui a facilité le travail des photographes. J'ai tenu à présenter le travail de découpage à la disqueuse, spectaculaire avec ses gerbes d'étincelles lorsqu'on travaille du métal et  celui de finissage avec de l'huile de lin pour raviver les couleurs. Tout commence par le crayon et finit avec le pinceau même pour les collages de matériaux que je pratique.

L'objectif de Christian a enfin su saisir admirablement cet échange de regard complice entre l'artiste et sa sculpture, entre moi et Le Cygne.

J'ai été heureux de voir ainsi se mêler plusieurs pratiques artistiques complémentaires. Les trois photos présentées ont été prises par Christian CAFFIN.

Un autre photographe animalier, Charles VROONEN,  exposera quant à lui en septembre au Passage des Rêves lors des portes ouvertes les 13 et 14 septembre 2026.

Découpe à la disqueuse dans l'atelier
Trvail à l'atelier au milieu des pièces
Dialogue entre l'artiste et sa sculpture

SOUS UN AUTRE ANGLE...

La photographe Manelle KRA, m'a fait ce beau cadeau hier, en visitant La galerie Les Arts du Feu dans l'enceinte de l'aître Saint Maclou à Rouen où sont exposées au 1er étage mes oeuvres jusqu'au 20 avril 2026. 

Elle a photographié Pollen et Grains de sable de profil. Les billes collectors Ti-Rex et Green Boa se détachent sur le fond d'ardoise créant une nouvelle oeuvre.

Les photos de Manelle KRA, sont visibles sur le site de Spiphoto, l'atelier photo de Gournay en Bray. Elle est passionnée par les gros plans notamment d'architecture et par les voyages. Elle travaille en ce moment sur une série relative aux lavoirs.

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PETITE ILLUSTRATION POETIQUE D'UNE DE MES OEUVRES PAR L'ASSOCIAION LES ADEX

J'ai exposé ma série Balade islandaise lors du Salon de création artistique à Mouy du 29 janvier au 3 février 2026. L'association les ADEX, qui participe régulièrement à des salons artistiques pour illustrer les oeuvres par des poèmes écrits sur place durant le salon, a interprété mon tableau Balade islandaise : maisons blanches de cette manière, façon Dents de la mer. l'Islande est plutôt réputée pour ses baleines.

Le tableau se voulait plutôt apaisant et évoquer une balade agréable à la pointe ouest de l'Islande à un moment de l'année  où le soleil ne se couche presque jamais. Décidement, il y a des films qu'on n'oublie pas si facilement...

 

Cabanes de plages?

ou

Dentition d'un requin 

en gros plan?

(Pierre Crabié)

Balade islandaise : maisons blanches

30X28 cm

céramique/ardoise/bois

septembre 2025

 

NEWSLETTERS DE LA GALERIE LES ARTS DU FEU A ROUEN  EN DATE DU 26 JANVIER 2026:

 

Ci-joint le texte de La NewsLetters de la galerie des Arts du feu à Rouen,  annonçant l'accrochage des mes oeuvres au sein de l'espace d'exposition du premier étage du 27 janvier à la fin avril 2026. Je présente 12 tableaux de céramique.

Un espace galerie à redécouvrir

À l'étage, l'exposition "Jeux de lumière" a cédé sa place à une sélection de pièces uniques en porcelaine, verre, grès, vitrail, fil de fer, faïence et métal. 

Cette semaine, les tableaux de Marc Kraskowski rejoignent cette sélection. Trois collections de tableaux sont à retrouver, telles trois explorations créatives de la matière. Elles mêlent carreaux de terre cuite, ardoise, et carreaux émaillés colorés en un joyeux témoignage patrimonial.

Vases, luminaires, sculptures figuratives et abstraites sont à découvrir dès maintenant."

 

Composition florale 3

32X41 cm

céramique industrielle/tuile/ardoise

mai 2024

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A noter qu'il s'agit de ma quatrième collaboration avec la galarie Les Arts du Feu  après :

- Exposition du 6/02 au19/05 2014  sur le thème "Masques et totems"

- Exposition du 8/07 au 25/09/2022 sur le thème "Les inutilitaires"

- Exposition du 9/10/2021 au 9/01/2022 sur le thème "Art macabre"

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Tempête sous un crâne - 15X15X15 cm - tuile/ardoise - avril 2021
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EXCROISSANCES

L'artiste est au coeur du monde. Et quand celui s'emballe, devient fou, l'artiste le vit aussi. En recherche de rupture artistique pour 2026, ce qui n'était qu'expérimentation est devenu actualité.

Me voilà de retour à travailler l'ardoise, deux ans après ma série Trélazé qui traitait du mouvement. Visiblement, si l'on suit l'actualité, le mouvement s'est accéléré.

Cette série, intitulée Excroissances, est réalisée à partir de vieilles ardoises rouillées en provenance du Cotentin. Cette surface est synonyme d'un monde ancien en phase de décomposition qui a tenté vainement de se réinventer. Autre matière, des morceaux de verre, provenant de bris de vitre de magasin très épaisses. Ces morceaux de verre tantôt coupant et anguleux, tantôt en forme de goutte, de forme amibienne et polies semblent sortir de la surface et tout envahir. Tout un symbole, la vitrine derrière laquelle nous pensions être protégé, s'est fissurée puis s'est écroulée. Nous sommes désormais à nu. Le solide est devenu liquide entre nos mains sans réaction.

Ces excroissances apparaissent, issues du craquement du sol, de nos sociétés, sous des poussées telluriques insoupçonnées jusqu'à lors car profondément enfouies.  Sont-elles toxiques, nauséabondes, stériles, ou au contraire viendront-elles abonder une nouvelle ère, une nouvelle vie comme lorsque des plantes viennent envahir les fissures dans le goudron de nos trottoirs? Sont-elles temporaires ou au contraire amenées à s'inscrire dans la durée? Sont-elles minérales ou organiques? Nous n'en sommes qu'à la phase du constat.

Nous avons pensé benoitement à la fin du XXème siècle "que nous vivions la fin de l'Histoire". L'Histoire se réveille...

Excroissances 1

46X36 cm

verre/ardoise/bois 

décembre 2025

 

Excroissances 2

47X59 cm

verre/ardoise/bois

janvier 2026

Excroissances 3

MIWATARI : UN AUTRE SENS A EXCROISSANCES ?

Incroyable! Alors que je viens de terminer Excroissances 3,  paraît sur le site d'actualités d'Orange le 15 février 2026, à la rubrique "Société" un article intitulé "Japon : le lac "sans dieu" symbole du changement climatique". Il y est question de la désespérance des hommes et des religieux face au déréglement climatique. Depuis la nuit des temps, un phénomène naturel se produit au bord d'un lac des Alpes japonaises. Alors que le lac est gelé, à l'endroit d'une source chaude, se crée une fissure d'où émerge des blocs de glace qui ressemblent à une crête de dragon. Ce phénomène est connu sous le nom de "Miwatari" en japonais, la traversée des dieux en français. Il fait l'objet d'un culte Shinto. A cause du réchauffement climatique, ce phénomène a de moins en moins lieu. Ma série Excroissances sans le vouloir, illustre aussi le déreglement climatique, certainement un chamboulement de notre monde... L'artiste toujours et encore au coeur des bouleversements du monde tel un veilleur toujours éveillé.

Je ne résiste pas à partager cet article.

" Réunis à l'aube au bord d'un lac dans les Alpes japonaises, un prêtre nippon et ses paroissiens espèrent que le changement climatique ne les aura pas privés d'une communion avec les dieux devenue rare.

Malgré le saisissant froid hivernal de cette région montagneuse, une poignée de sexagénaires se dirige vers le lac Suwa à la recherche d'un phénomène baptisé "Traversée du dieu", devenu imprévisible au fil des décennies.

Connu sous le nom de "Miwatari" en japonais, la "Traversée du dieu" désigne une fissure qui s'ouvre sur la surface gelée de ce lac de 13 km2, laissant des éclats de glace plus fine jaillir et former une crête ressemblant au dos d'un dragon.

Depuis des siècles, les prêtres du sanctuaire voisin de Yatsurugi surveillent cette apparition et remplissent un registre témoin des évolutions du climat.

Pour Kiyoshi Miyasaka, prêtre local du culte shinto, et ses compagnons, la veille a débuté le 5 janvier cette année.

Vêtus de vestes frappées de l'emblème du sanctuaire, ils partent emplis d'espoir, même si la "Traversée du dieu" reste invisible depuis 7 ans maintenant.

"Voici le début des 30 jours décisifs", glisse Miyasaka.

Mais à l'approche du lac, sombre et agité dans la lumière précédant l'aube, le sourire du prêtre s'efface.

"Comme c'est triste", murmure-t-il en plongeant un thermomètre dans l'eau pour noter le résultat sur son registre.

Les archives des relevés datent de 1443, même si les prêtres du sanctuaire n'ont pris le relais qu'en 1683.

– "Un avertissement de la nature" –

"Ces relevés fournissent des données en un même lieu sur plusieurs siècles et, grâce à eux, nous pouvons aujourd'hui comprendre à quoi ressemblait le climat il y a des centaines d'années", explique Naoko Hasegawa, géographe à l'université Ochanomizu.

"Il n'existe aucune autre archive météorologique comparable", dit-elle à l'AFP au sujet de ce trésor scientifique. Les climatologues du monde entier y voient un ensemble de données d'observation extrêmement précieux."

Une raréfaction du phénomène que scientifiques et croyants attribuent tous deux au changement climatique.

"Nous voyons les signes du changement climatique partout dans le monde, et le lac Suwa ne fait pas exception", dit à l'AFP Miyasaka, qui se désespère de revoir "Miwatari".

Selon la croyance shintoïste, "Miwatari" est tracé par un dieu traversant le lac pour rendre visite à son épouse.

Pour les scientifiques, ce phénomène apparaît lorsque le lac, qui possède une source chaude, gèle entièrement en surface, ce qui nécessite plusieurs jours sous les -10 °C.

La chape de glace se contracte et se dilate avec les variations de températures entre la nuit et le jour, ouvrant des fissures qui se remplissent d'éclats d'eau nouvellement gelée. Ces éclats s'entrechoquent en produisant, dans un grondement distinctif, une crête qui peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres de haut.

Takehiko Mikami se souvient l'avoir vu en 1998.

"La surface avait complètement gelé sur environ 15 centimètres d'épaisseur. Nous pouvions traverser le lac à pied", raconte ce professeur émérite de l'Université métropolitaine de Tokyo.

Ses recherches montrent que "Miwatari" apparaissait presque chaque hiver jusqu'aux années 1980, mais depuis, les températures matinales tombent rarement suffisamment bas pour que le lac gèle entièrement.

"C'est un avertissement de la nature", alerte-t-il.

- "Mer ouverte" -

Le 26 janvier dernier, après des semaines d'observations glaciales à l'aube, Miyasaka et ses amis ont cru que "Miwatari" allait se montrer lorsque le lac a entièrement gelé.

Las! En quelques jours, la surface avait de nouveau fondu. Et le 4 février, Miyasaka a dû se résoudre: il y avait peu de chances que le dieu apparaisse avant l'année prochaine.

Cela porte à huit hivers consécutifs sans apparition, égalant la plus longue période "sans dieu" jamais enregistrée, datant du début du XVIe siècle.

Une chose est sûre: le gel intégral du lac est désormais l'exception, alors qu'il était la règle pendant des siècles.

Lorsque "Miwatari" apparaît, le prêtre de Yatsurugi célèbre un rituel shinto sur la glace, une cérémonie que Miyasaka n'a pu organiser que 11 fois en plus de quarante ans de service.

Pour Mikami, la longue absence divine est un avertissement que "le réchauffement climatique s'accélère".

"Si la tendance se poursuit, je crains que nous ne revoyions jamais +Miwatari+", redoute-t-il."

 

Excroissances 3

46X80 cm

verre securit/ardoise/bois

février 2026

DAVID CONTRE GOLIATH

Rivaliser avec Vélasquez, Degas ou Renoir projeté sur grand écran : mission impossible pour les « petits artistes » exposants dans les galeries municipales accueillant désormais le dispositif Micro folie. Immersion dans une ces nouvelles expositions hydrides et coup de gueule…

« Le petit artiste », je précise qu’il n’y a rien de péjoratif dans cette expression et que je m’inclus dans cette catégorie, celui qui rame pour être exposé, paie souvent pour exposer dans des salons ou pseudo galeries, loueuses de murs n’avait vraiment pas besoin de ça. Pour tous ceux-là, confrontés au plafond de verre des galeries professionnelles, l’exposition dans une galerie associative ou municipale était une sorte de Graâl et la forme suprême possible de reconnaissance voir de rebond. La publication des dates et thèmes dans ces galeries est chaque année attendue avec impatience par les artistes. Par sa participation à ces expositions, l’artiste affirme aussi toute sa place dans l’animation culturelle de la cité. « Les petits artistes » déjà touchés par les retombées du COVID et le fait que « L’art ne soit plus essentiel », par la crise économique qui concerne les classes moyennes la plus encline à faire des achats coups de cœur et par la priorité donnée par les galeries aux artistes émergents et diplômés des Beaux-Arts, doivent affronter un nouvel obstacle.  Voilà que le dispositif Micro folie s’invite depuis peu dans les petites galeries municipales. Pour faire définitivement place nette ?

 Oui, c’est de plus en plus difficile d’exposer. Il faut accepter de monter des dossiers, de faire des kilomètres, de passer une sélection, d’être présent pour faire de la médiation culturelle. Mais jusqu’à présent, lorsqu’on était dans la place, l’espace du mur ou de l’espace qui nous était réservé, n’avait qu’à souffrir de la comparaison de nos pairs. On était tous à armes égales. Seul le talent ou le goût du public faisait la différence. L’attention du public était tendue uniquement vers les œuvres exposées. Cela ne fait pas des galeries municipales des cathédrales vouées au silence. Les ateliers d’écriture, de contes, d’activités créatives s’inspirant directement du travail des artistes accrochés participent bien évidemment à leur mise en scène, à leur lecture et à leur appréciation.

 

Ecrans

H : 54 cm

tuiles/terre cuite

2011

Ecran - 54 cm.jpg

Sillon - 20X20X30 cm - ardoise/pavé

Mais que faire par rapport à cette machine diabolique qui s’appellent Les Micro-folies. De quoi s’agit-il ? « Le dispositif Micro-folie est un musée numérique qui  permet d’accéder à des milliers d’oeuvres d’art, en haute définition, des plus grands musées nationaux et internationaux. Ce dispositif immersif invite à approfondir les expositions présentées tout le long de l’année dans ces galeries ». L’enfer est pavé de bonnes intentions. Cette intention est louable, faire connaître l’art au plus grand nombre, par le média le plus commun aujourd’hui : l’écran. Elle permet aux communes de montrer leur engagement culturel et qu’elles investissent dans la politique culturelle au moyen d’outils technologiques adaptés au public jeune. Donc sur le papier, rien à dire. Sauf que le résultat sur le terrain est parfois cataclysmique et totalement contreproductif au moins pour les artistes exposés qui ne deviennent que des faire-valoir. Expérience immersive dans ce nouvel espace d’exposition hybride.

Je pousse la porte de la galerie comme je l’ai déjà fait plusieurs fois. Un sentiment étrange m’étreint. Je ne reconnais plus les lieux. Un immense écran envahit tout le fond de la galerie et supprime ainsi de la place d’accrochage. L’immense rectangle noir attire l’attention dès qu’on ouvre la porte de la galerie. Le public est attiré hypnotiquement par la beauté des images qui défilent.

 

Rouleau compresseur

20X20X30 cm

ardoise/pavé

2012

Des banquettes confortables disposées au milieu de la galerie, qui réduisent d’autant la surface d’exposition, font penser plus à un hall de gare qu'à une galerie, mais leur moelleux vous attire. Une tablette est à votre disposition. Vous voilà immergé dans un environnement numérique enivrant, synonyme d’innovation. Il est temps déjà de rentrer, à peine un regard sur les tableaux accrochés aux murs. Ah oui, on était venu voir cette expo, mais finalement, les grands artistes c’est bien mieux que « Les petits artistes du dimanche » Une caricature, à peine. Oui quelques personnes regardent encore les tableaux et sculptures mais presqu’en rasant les murs.  Mais on a beau faire, l’attention revient au grand écran noir. L’affiche de l’exposition annonce d’ailleurs la couleur : deux reproductions de Vélasquez et Renoir plutôt que des tableaux des peintres exposés.

Il faut vivre dans son monde, mais il faut que ce nouveau monde respecte tout le monde. Oui, il est difficile de rivaliser avec un concentré de génies et de technologies. Même Tom Cruise n’aurait peut-être pas accepté cette mission impossible. Je ne condamne pas le projet Micro-folie. Il mérite un lieu dédié qui ne pollue pas l’environnement culturel où il est installé. On ne mélange pas des choses complétement différentes. Car l’écran écrase toutes les autres œuvres. Cette configuration de salle est peut-être exceptionnelle, je le souhaite de tout mon cœur, mais elle existe. Je l’ai rencontrée.

 Faudra-t-il à l’avenir pour les artistes qu’ils sélectionnent uniquement les lieux qui bannissent les grands écrans de Micro-folie pour conserver ce lien physique, sensuel, cet échange d’émotions entre une toile et le public qui vient à sa rencontre sans parasite ? J’ai rencontré lors de cette exposition, un écran géant, qui m’a gavé de belles images parfaites, qui défilaient au rythme voulu par l’ordinateur plutôt qu’une exposition avec toutes ses nuances d’humanité, d’imperfection, de fragilité qui nous font parfois sourire et souvent pleurer.

Après avoir été l’objet central de l’exposition, puis le prétexte à des animations, faudra-t-il s’habituer à ce que les tableaux et sculptures servent de simple décoration autour de l’autel digital ? Ce n’est plus une micro-folie mais du grand délire !

 

Mécanisme

40X35 cm

céramique:bois

octobre 2024

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DIALOGUE OU CONFRONTATION ?

Cette sculpture ne devait pas être cela au départ. Le résultat est le fruit d’une fulgurance du dernier moment, comme la réponse à un travail inachevé. L’an dernier, à l'atelier multi matériaux auquel je participe à Beauvais, j’avais travaillé sur les rides et j’avais été interpelé par le masque mortuaire de Dante, nez aquilin, et fin, lèvres tombantes, menton proéminent, comme défiant la mort. Mais ce qui m’intéressait de reproduire, c’était avant tout le nez, la bouche et le menton, une espèce de triangle, bordé de sillons représentant les rides et intrinsèquement l’âge et la mort. Cette partie du visage prise isolement avait la beauté et le caractère sauvage d’un paysage de montagne, avec un pic, un cap et ses vallonnements. J’avais mon sujet ! Le but initial de l’exercice était simplement de mieux appréhender les techniques de taille de pierre. Quant à la matière, ce serait de la pierre de Saint Maximin.

Ce travail a commencé au printemps 2025 pour se terminer début décembre 2025, à raison d’une séance par semaine. Au départ donc, c’était un simple exercice de taille de pierre sur un bloc de pierre de Saint-Maximin, carrières situées dans le département de l’Oise. L’enseignant qui dirige l’atelier, tient à ce qu’on réalise une maquette en terre pour bien appréhender les volumes et le sujet. La maquette en terre crue, réalisée à l’échelle 1, m’a dès le départ interpelé. Je sentais, sans savoir quoi en faire que j’en ferais quelque chose et qu’elle méritait mieux que de finir dans la poubelle de l’atelier comme les autres modèles.

Tailler la pierre apprend la patience. Chaque geste compte et peut être fatal. Un dialogue avec la matière doit s’instaurer « quitte à passer une heure, deux heures devant le bloc de pierre à simplement regarder pour comprendre. Ce n’est jamais une perte de temps, même si les autres pensent qu'on est un glandeur! ». Dessiner sur la pierre est tout aussi important que de choisir les bons outils. Dessin éphémère qu’il faut sans cesse refaire.

 

Dialogue ou confrontation?

H : 28 cm

terre crue/pierre de Saint Maximin

décembre 2025

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Début décembre, j’arrivais à la fin de mon labeur. La sculpture était enfin finie. Le résultat, curieusement même s’il respectait les proportions, n’était pas très ressemblant. Une certaine insatisfaction s’installait en moi et simultanément l’impression que le travail n’était pas fini, voir qu’on était au tout début d’une nouvelle aventure.

Pourquoi pas alors associer les deux sculptures, le modèle et sa représentation? Cela a commencé par un dos à dos, puis un décalé, puis un face à face. Les interrogations fusaient. Socle ou pas socle ? Quelle distance optimale entre les deux statues ? Quelle mise en situation choisir ?

Petit à petit, les deux sculptures n’en faisaient plus qu’une aux multiples combinaisons. Qui plus est, même si elles ne représentaient au départ qu’une bouche et un nez, elles avaient au final des formes anthropomorphiques. Selon leur position, la distance qui les séparait, on était soit dans un dialogue, une confrontation, un rapport d’amitiés côte à côte, voir les prémices d’un baiser.

Cette sculpture avec ses deux côtés, telle Janus de l'Antiquité, parlait tout simplement des rapports humains.

 

Dos à Dos

H : 28 cm

terre crue/pierre de saint Maximin

décembre 2025

 

En décalage

H : 28 cm

terre crue/pierre de Saint Maximin

décembre 2025

La métamorphose se poursuivait comme dans un film en accéléré. Conscient de la fragilité de la terre crue utilisée pour le modèle, l’enseignant m’a proposé de recouvrir la sculpture de terre de gomme laque.

Comme par magie, la terre crue à pris une couleur ocre. Le contraste de couleur entre le blanc et l’ocre était saisissant. Une plasticienne qui travaille dans le même atelier s’est approchée de la sculpture et m’a demandé « si j’avais voulu travailler sur le métissage.  Car la sculpture en pierre blanche de Saint Maximin a les traits négroïdes et la sculpture en terre couleur bronzée à les traits eurasiens »

Je me suis alors rappelé que par le passé, j’avais déjà réalisé une sculpture de jardin intitulée « Mondes métisses » à partir de boules de terre cuite bicolore. Le remarquable travail en céramique de Catherine Mufraggi sur le Rapport Nord-Sud me revenait alors aussi à l’esprit. 

On est ainsi avec cette sculpture dans un dialogue à plusieurs niveaux : matières, races, individu, couleurs… A l’heure ou dans l’actualité, les frontières entre dialogue et confrontation sont très tenues, j’ai trouvé que cette sculpture résumait bien l’ambivalence de ces deux notions et qu’il suffisait de la volonté d’un chef d’état ou de l’artiste pour brusquement changer de contexte et les rapports à l'autre.

Il aura fallu six mois pour faire une sculpture et moins de deux heures pour faire une œuvre d’art parlant de son époque et des tensions qui la traversent.

Côte à côte

H : 28 cm

terre crue/pierre de saint Maximin

décembre 2025

 

Rapprochement

H : 28 cm

terre crue/pierre de Saint Maximin

décembre 2025

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DIALOGUE EPISTOLAIRE...

Un lecteur de mes rubriques, à l’occasion de la parution de l’article « Dialogue ou confrontation ? » m’a gentiment répondu pour dire à la fois la justesse de ma démarche, m’encourager à faire plus grand et peut-être plus « mécanique » Il y avait toujours pour lui, à la fois un côté sociologique et religieux dans cette œuvre. Il a enfin évoqué Rodin, ses fulgurances et ses folies, en m’encourageant à peut-être travail plus sur le modelage pour lequel il me sent plus inspiré. Cet échange épistolaire m’a donné envie d’apporter une réponse qui complète et affine ma première approche.

Certains par le passé, m'ont effectivement dit que je faisais de belles maquettes et qu'il restait juste à faire plus grand... Oui, cette oeuvre, mériterait plus grand, de s'inscrire dans le mouvement mécanique comme les machines de Tinguely, mais je ne sais pas faire... Peut-être, le grand, le très grand me font peur, tant ils ont déjà été bien appréhendés par mon arrière grande tante Ludwika Nitchowa Kraskowska (1889-1989), sculpteure officielle du régime polonais avant et après la seconde guerre mondiale à qui on doit entre-autres la sculpture de la sirène monumentale au bord de La Vistule à Varsovie. Je dis ça, mais moi aussi, j’ai une œuvre monumentale Des vides et des pleins, au bord d’un des plus grands fleuves d’Europe ; la Seine, sur l’île Nancy à Andrésy dans les Yvelines.

Parfois artistiquement, je pars en digression. J'aime bien ce mot, comme si j’ouvrais une parenthèse. Je soude, je modèle, je sculpte au sens enlever de la matière. Mais ce sont des techniques pour juste exprimer une idée. Ma vraie inspiration elle est dans la résilience, le « reconstruit », le Singatsu dirait les Japonais qui ont érigé ce principe en philosophie. L’art d’assembler des morceaux cassés. Lors d'un salon d'art contemporain à Chartres où j'ai exposé en octobre 2025 on m'a mis dans la section Perceptions." Perception illustre la vision que peuvent avoir les artistes des axes visibles et invisibles du monde. Influencés par le passage du temps et la rêverie, les créations peuvent être tout à la fois douce et lisse comme brisées et usées". C'est dans cette dernière famille que je m'épanouis pleinement. Je suis peut-être aussi trop "humaniste" et pas assez mécanicien…

Etonnant également que vous  parliez de Rodin. Parfois aussi, je m'intéresse comme lui au "non finito" comme dans Ebauche d'un nouveau monde, l'histoire d'Adam et Eve revisité au temps du COVID.

Dernière réflexion, oui, il y a un côté religieux dans cette œuvre mais inconsciemment au départ. J'ai réalisé ce fait après avoir assisté cette année à la messe de Noël à saint Germer de Fly. Le thème de l'homélie était le Dialogue. « Au début était le Verbe et le dialogue entre Dieu et l'homme. Puis l'homme a pêché et s'est éloigné de Dieu »(confrontation?) Encore une pièce du puzzle à rajouter. Le Mystère, j'ose le grand M, s'épaissit d'autant que Dieu a façonné l'homme à son image ! Cette image est double, comme le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Les deux faces se complètent. Et puis, n’oublions pas que le point de départ, c’est le masque mortuaire de Dante Alliegheri qui a écrit La divine comédie et a fait voyager ses lecteurs au travers de l’Enfer, puis du Purgatoire et enfin du Paradis. Une amie architecte qui est en ce moment à Tahiti y a vu des Tikki polynésiens. Où est la vérité ?  Il y a forcément du spirituel dans cette œuvre autant qu’une analyse psychologique des rapports humains.

Je retiens pour finir cette citation à propos du masque mortuaire de Dante « Un visage si présent qu’on pourrait presque sentir le souffle du grand poète lorsqu’on se trouve face à lui ».

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ELEGANTES VOILEES : ESTHETISME OU PROVOCATION ?

Tordons tout de suite le cou à la critique. Non ce n’est surtout pas une apologie d’une idéologie religieuse radicale. Cette œuvre réalisée en octobre 2025 est de prolongement de ma série Les élégantes chapeautées qui est le fil directeur de la création en 2025 et même un lointain prolongement du temps où je peignais et où j’avais représenté deux femmes marocaines habillées de bleu dans un décor ocre. Cette œuvre est simplement, et cela me paraît légitime, un questionnement sur le fait de savoir si une femme voilée peut-être belle et élégante, même si ses formes sont masquées par le voile ? La réponse est évidement oui. Ailleurs, pour des raisons confessionnelles ou culturelles, c’est une évidence. Sur certains podiums de défilé de mode, il arrive de voir des mannequins la tête légèrement voilée. L’esthétisme, au sens agréable à voir et bien proportionné, est alors d’autant plus mis en valeur qu’il joue sur la combinaison des couleurs et les drapés des tissus.

 Pour ce tableau, je me suis inspiré de femmes tchadiennes sur les marchés subsahariens et des femmes soudanaises dans les camps de refugiés qui ont fui la guerre civile. Seuls leurs vêtements, la grâce dont elles les portent, leur assure une noblesse qui fait presque oublier le tragique de leur situation. L’enchevêtrement de tissus et de couleurs qui constituent leurs habits, constitue de véritables tableaux abstraits vivants. Nicolas de Staël disait : « On peut transformer n’importe quel sujet en formes géométriques jusqu’à transformer un sujet figuratif en abstraction ». Mon travail s’est inscrit dans cette optique.

Ces femmes tchadiennes sont aussi le pendant féminin d’un tableau intitulé Touareg que j’ai réalisé cette année, après avoir réellement rencontré un homme bleu du désert venu vendre des bijoux en France. Je me suis imaginé sa femme, au marché après avoir travaillé à l’atelier à enfiler des perles.

Alors oui, il y a un petit côté provocation, car le sujet est sensible, comme quand j’ai intitulé un de mes tableaux « Couple après l’amour ». C’est une façon de lancer le débat, nullement de prendre position.  Elégantes voilées paraît pour certain(es) un non-sens Ils ne voient que le symbole de soumission même si le jugement s’adoucit quand j’évoque les camps de réfugiés du Soudan et d’Erythrée. l'élégance naturelle du porté des drapés est l'ultime droit que les femmes ont pour exprimer une forme de résistance. Moi je vois dans ce tableau de la couleur, de la vie, de la complicité et de la sororité.

La question d’élégance des femmes voilées ne se posait d’ailleurs pas au XIXème et XXème siècle à travers le courant artistique de l’Orientalisme. Je reprends à ce sujet l’explicatif, fort bien fait, de la salle dédiée à ce courant au musée départemental de l’Oise (MUDO) à Beauvais réouvert récemment « Le Maghreb fait partie des sources d’inspiration privilégiées. La grâce avec laquelle le peintre beauvaisien Maurice Bouviolle (1893-1971) représente les peuples algériens n’a égal que la dignité que Marthe Flandrin (1904-1987) insuffle aux hommes et aux femmes rencontrés pendant son voyage au Maroc. Le pittoresque et l’exotisme de certaines tendances du XIXème siècle, laissent place à une nouvelle fascination artistique, faite de modernité, de douceur et de sensibilité. L’œuvre de ces artistes invite au voyage autant qu’il conserve la mémoire de ces territoires et de leurs peuples ». Mon travail s’est inscrit aussi dans cette optique.

Plus près de nous, le photographe Steeve Mac Curry a immortalisé en 1984 une Jeune Afghane aux yeux verts hypnothiques et voilée de rouge, Sharbad Gula, dont le regard a fait le tour du monde.  Cette photo est devenue une photo culte maintes fois copiée par des peintres amateurs pour sa beauté et l’énergie vitale qu’elle dégage.

Alors finalement, l’esthétisme rejoint une certaine forme d’orientalisme qui s’inscrit dans l’histoire picturale de l’art à toutes les époques.

 

Elégantes voilées 1

32X39 cm

céramique/ardoise

octobre 2025

 

FESTIVAL DES CONTES D'AUTOMNE

Ma dernière création, un cygne fait avec des matériaux de récupération est digne d'un conte et m'a inspiré cette petite histoire qui commence en Bourgogne et se finit en Pays de Bray. Un grand merci à Adeline qui m'a initié à l'art subtil du conte, à François qui m'a donné cette gaffe et qui l'a contextualisé avec des archives personnelles et à Catherine pour ses encouragements que j'ai repris. 

FAIS MOI CYGNE…

Il était une fois, car un conte commence toujours ainsi, un sale type, batelier de profession, appelé par ses confrères, car il n’avait pas d’amis : Jo le Gaffeux. C’était au temps heureux de la batelerie sur le canal de Bourgogne. Son surnom venait du fait qu’il ne se séparait jamais d’une longue gaffe terminée par une sorte de crochet avec une pointe à son extrémité. Celle-ci servait à rapprocher les bateaux sans les abimer. C’était aussi une arme redoutable qu’il utilisait soit comme un bâton ou une lance pour rosser ou repousser tout intrus ou fâcheux. Il avait même donné un nom à son outil : La pousse toi de là. Réputé roublard et porté sur la bouteille, voir violent, il menait une vie de reclus sur sa péniche amarrée au ponton loin en retrait de l’écluse et du centre du village, quand il ne naviguait pas. Les promeneurs sur le chemin de halage évitaient son regard de peur d’être pris à parti.

Ainsi ce beau jour de mai, le temps était calme. Cygnes et canards s’ébattaient le long du bord avant de glisser majestueusement sur l’eau du canal. Un jeune cygne de l’année longeait l’Arrogante, car tel était le nom qu’avait donné Jo le Gaffeux à sa péniche. Celui-ci pour une fois s’était séparé de sa gaffe. Celle-ci était posée négligemment sur le pont. L’extrémité en forme de col de cygne dépassait du bastingage et se reflétait dans l’eau. Le jeune cygne, ému par une telle vision si étrange et si belle à la fois s’est rapproché, a regardé ce cou gracile, ce bec effilé, qui touchait presque à la perfection. Seul bémol, il ne pouvait voir le corps de ce charmant volatil, mais il l’imaginait parfait. Le jeune cygne s’est alors encore rapproché, a voulu s’élever pour en savoir plus, mais un autre reflet, cette fois-ci hostile est apparue à la surface de l’eau stagnante. « Hola, oiseau de malheur, n’approche pas de ma coque ou je t’embroche avec ma gaffe ». Le génie de la rivière, qui est partout et nulle part, surtout là où on ne l’attend pas, sentant un danger réel menacer la vie du pauvre cygne s’exprima de cette façon au travers de l’animal tout surpris de parler désormais comme un humain « Hola batelier, ta vie sera courte si tu t’en prends à moi. Je prendrais corps dans l’arme qui m’a occis et je te survivrais »

Furieux d’un tel propos, le batelier se saisit de sa gaffe et donna plusieurs coups sur la tête puis le corps du cygne jusqu’à ce que celui-ci ne bouge plus et dérive avec le courant vers l’aval. La vie du pauvre cygne avait été bien courte.

La semaine suivante, alors qu’il lavait le pont de sa péniche, Jo le Gaffeux crut entendre un bruit à l’arrière du gouvernail, comme un tronc qui heurtait la coque. Il se pencha, son pied glissa sur le bois mouillé et il tomba à l’eau. Pris dans les algues, il ne put remonter à la surface. Ce fut la fin tragique de Jo le Gaffeux. Personne ne le regretta ni ne le pleura. Le batelier n’ayant point de famille, sa péniche et tout ce qui était à bord resta longtemps sur les bords du canal avant que le service de navigation ne décide de l’évacuer pour éviter qu’elle ne coule. Une vente fut organisée par un commissaire-priseur pour liquider les petits objets et le mobilier contenu dans la péniche. La gaffe et un éteignoir furent rachetés par un brocanteur bourguignon à l’air jovial, amoureux des vieux objets.

L’objet privé de son long manche est demeuré dans une boîte une bonne vingtaine d’année sans voir la lumière. Entre temps, le brocanteur avait déménagé plus au nord en Pays de Bray. Puis ce même brocanteur avait eu besoin de faire de la place. Parmi ses relations, il y avait un artiste qui travaillait avec des objets anciens. Il décida de lui donner ces deux objets, la gaffe et l’éteignoir en lui disant « Dans six heures ou dans six ans, ces objets t’inspireront ». Il avait décelé au premier regard, ce pétillement, synonyme de création à venir dans les yeux de l’artiste.

De retour chez lui, l’artiste alla directement à son atelier. La moitié d'un vieux plumeau l’y attendait depuis des années. Le reste de l’objet avait déjà servi à faire la sculpture d’une autruche. Alors pourquoi pas un cygne ! L’extrémité de la gaffe pourrait très bien représenter le col et la tête du cygne, le plumeau son corps soyeux, souple et tout en volume. Les deux manches s’emboitaient parfaitement comme par enchantement. En moins de trois heures un cygne gracieux, soyeux, majestueux était apparu, trônant fièrement sur l’établi de l’artiste.  « La combinaison parfaite du dur et du souple » dira plus tard une amie de l’artiste en voyant la nouvelle sculpture.

 La prophétie du génie de la rivière s’était réalisée. Tel un Phoénix, le cygne renaissait de ses cendres pour l’éternité. Tel est le pouvoir de l’art. Il est vain de vouloir faire disparaître la beauté. Elle trouvera toujours au bout d’un moment, une main habile pour réapparaître et triompher. Faire le mal pour le mal n’est jamais profitable…

 

Cygne

H : 29 cm

métal/fibre plastique/bois (socle)

novembre 2025

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LE GRES ROUGE, AUTRE TRESOR GEOLOGIQUE DU PAYS DE BRAY, ET AUTRE SOURCE D’INSPIRATION

Le grès rouge ou dénommé ocre dans le sud de la France où il est plutôt utilisé sur ces capacités à teindre les façades en couleurs vives, rouge, orangé, ocre, rose, est une roche issue d’une sédimentation détritique en période d’émersion soit de zones fluviales soit deltaïques. Elle mélange, sable, quartz et fer. Après lessivage de cette roche originelle, ne subsistent que les oxydes de fer qui vont cimenter les grains de quartz. Ceci génère une altérite ferrugineuse ou croûte de fer. C’est un matériau homogène, compact et résistant qui se taille bien. Il fut essentiellement utilisé entre le XIVème et le XVème siècle. Ses usages récents sont des réemplois.

Quand on parle « grès rouge » dans le Pays de Bray, on fait référence souvent aux :

  • Grès ferrugineux (rouge/orangé) présent dans le sous-sol, exploité comme pierre de construction ou moellon.
  • Argiles plus colorées (rouge, ocre) servant à poterie ou tuile, ou serties dans les maisons comme soubassement pour lutter contre l’humidité.

Le grès rouge fait partie du paysage architectural, industriel et patrimonial du Pays de Bray. Aujourd’hui il est éclipsé par l’argile et l’empreinte que ce matériau a laissé tant au niveau activité industrielle avec les tuileries, briqueteries et multiples ateliers de potiers qu’au niveau des constructions avec l’explosion des maisons en brique à partir du milieu du XIXème siècle. On retrouve la trace du grès rouge en traversant certains villages comme Hodenc en Bray avec la nef de l’église et l’immense mur d’enceinte d’une ferme seigneuriale du XIV et XVème siècle

C’est aussi le cas à Savignies, où des murs entiers sont constitués de grès rouge, qu’on retrouve aussi sur l’église et certaines bases de murs qui sont constitués de blocs de couleur rouge bordeaux, marrons, rouille, violet, lie de vin associée à la couleur orangée des tuiles. On peut aussi dans ce village se promener le long du chemin du lavoir où on déambule dans un chemin creux bordé de roches jaunes friables et sablonneuses, couleur ocre.

Le lieu le plus spectaculaire est certainement le front de taille de l’ancienne carrière de Rainvillers à la sortie de Beauvais, long d’une centaine de mètres et haut de cinq à six mètres. Le tout est envahi de végétation. Le contraste de ces ocres et du vert renvoie aux images de Roussillon dans le sud de la France. Cette carrière est adossée au Mont Rouge. Elle servait à l’extraction de l’oxyde de fer et était couplée à une forge. Une rue de la forge existe encore sur cette commune.

Le poète local Philéas Lebesque (1869- 1958) qui a chanté le Pays de Bray, écrivait dans un de ces poèmes :

« C’est que le ciel, soir et matin, mouille et féconde

Ton sol amer, où le fer brun gît sous la sonde »

 

Bison

H : 32 cm

grès rouge

mai 2025

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Ocre et ardoise1

 

Ma rencontre avec le grès rouge est récente. Elle date du printemps 2023 où Monsieur François Faure, natif de Rainvillers et amoureux comme moi du Pays de Bray, m’a amené visiter l’ancienne carrière. Au pied du front de taille, on peut encore ramasser des blocs de grès. La forme de ces blocs m'inspire la forme d'animaux : lièvre, bison, grizzly et peut-être d'autres animaux dans l'avenir. J'essaye de respecter le plus possible la forme et la texture initiale. J’ai aussi utilisé les formes brutes de ces roches pour les associer avec des éclats d’ardoise venant de Trélazé dans le Maine et Loire, colorées par des oxydes de fer afin de jouer sur les contrastes entre l’ocre et le noir. Ces formes angulaires et abstraites sont toute en mouvement. En tout, j’ai réalisé sept tableaux ou sculptures avec le grès rouge.

 

 

Trélazé 1

55X35 cm

ardoise/grès rouge

juin 2023

 

UN PIGEON VOYAGEUR...

Mon Pigeon ramier, a été présenté lors de l'exposition conférence sur Les pigeons voyageurs, dans l'art avec le célèbre pigeon Nicolas  de Pompon, dans le sport et dans l'histoire , salle des fêtes de CUY SAINT FIACRE (76) les 1er et 2 novembre 2025 à l'initiative de l'association Les Amis de l'Ours.

Pigeon ramier

H : 39 cm

Métal

novembre 2024

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Pigeon ramier

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BALADE CHROMATIQUE A BRESLES

En avant première, découvrez l'exposition Balade chromatique à la médiathèque Madeleine Odent à Bresles du 28 octobre au 18 novembre 2025. Marc KRASKOWSKI présente une trentaine de tableaux.

Marc KRASKOWSKI présente sept mini-séries : trois très colorées, Recollement à partir de tuiles vernissées, d’ardoise et de zinc, Heure dorée, travail avec comme point de départ une approche photographique avec des céramiques artisanales, Portraits d’élégantes chapeautées, série qui est son fil rouge en 2025, à partir de chutes de céramique artisanale et Arbres mixant des matériaux. Les séries Perspectives, Humains, sont réalisées avec des tuiles aux couleurs plus terreuses. Enfin la série Trélazé est réalisée en ardoise et morceaux de grès rouge.

Pour cette exposition à la médiathèque de Bresles, où Marc Kraskowski expose pour la première fois, il a conçu cette exposition comme une balade chromatique qui est également une visite de toute la palette de couleurs qu’il utilise à travers ses matériaux. On passe ainsi des couleurs vives ou douces de la céramique, aux couleurs terreuses des tuiles pour finir par le contraste entre le noir des ardoises et le jaune du grès rouge.

Il nous amène sur certains de ces thèmes de prédilection comme l’abstrait, les arbres, la représentation symbolique du visage ou la notion d’ordre et de désordre, d’accumulation inutile. Car derrière un travail que certains qualifie « d’ornemental », il y a toute une réflexion sur les dysfonctionnements de la société, sur la résilience, la perdurance du patrimoine, la part de hasard dans les rencontres et l’association des matériaux et le caractère éphémère des choses et de la vie.

 

Marais du Crotoy 2

30X49 cm

céramique/ardoise

mars 2025

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Au-delà des couleurs primaires, du cercle chromatique, chaque couleur, selon les sociétés où l’on vit à une signification. Petit code des couleurs pour mieux lire mes tableaux.

NOIR : en Occident, le noir représente le luxe et l’élégance mais aussi le deuil

BLANC :  mariage, naissance, pureté

ROSE : amour, tendresse, douceur

BLEU : en Occident, synonyme de calme et de foi, le bleu apaise, inspire et apporte sérénité

JAUNE : donne de l’énergie, de la confiance en soi, provoque de l’enthousiasme

ROUGE : couleur ambivalente. Peut à la fois inspirer l’amour, la luxure, la mort, le sang ou la colère

VERT : représente la nature. Evoque l’équilibre, la fraîcheur, la réussite, l’harmonie, la nature

 

Trélazé 2

31X58 cm

ardoise/grès rouge/bois

septembre 2023