Chroniques

Brêves de Galerie

 

Brèves de galerie, qui aurait pu aussi s’appeler « Dialogues autour d’une exposition », est une compilation de réflexions et de paroles  de visiteurs, parfois amusantes, parfois vachardes, collationnées durant près de 10 ans à arpenter petits salons et expositions d’amateurs. Elles sont toutes authentiques. Elles abordent de façon humoristique tous les aspects de la création sous différentes facettes, qu’il s’agisse des affres de la création, du besoin de reconnaissance ou de la relation entre l’art et l’argent.

 

A travers ces remarques, on n’est jamais loin de l’absurde de Dubillard et de ses Diablogues ou au contraire du bon sens d’Henri Cueco et de son Dialogue avec mon jardinier.

Ce sont des tranches de vie ou des portraits en accéléré résumés en deux ou trois phrases. Elles traduisent la spontanéité de gens qui viennent tels qu’ils sont et qui s’expriment en toute liberté face à une création artistique. Par la critique,  l’humour voir le désintérêt chacun entre « en réaction » face à l’œuvre. C’est cette « réaction » qu’il est intéressant d’entendre et de traduire.

 Sans le savoir, bon nombre de ces visiteurs m’ont gratifié d’une pépite que je me dépêchais de noter. Ce fut d’abord un passe temps puis un travail littéraire qui a abouti à un recueil d’une cinquantaine de citations.

Ce travail d’écriture a donné naissance ensuite à une autre envie, celle de redonner la parole à ces visiteurs d’un jour et de les exposer à leur tour. Ce sont ces citations que j’ai eu envie d’intégrer dans une installation « littéraire » composée de briques, un des matériaux que j’utilise communément dans ma création artistique, juchées sur des plots métalliques ou en bois.

Brèves de galerie est donc avant tout un travail d’écriture, qu’on pourrait imaginer joué sur scène, que j’ai décliné en installation réalisée en avril 2013.

Le but de celle-ci est de faire d’un jugement exprimé sur une création artistique, une nouvelle création artistique, susceptible de générer ses propres commentaires.

Artistes ou visiteurs, je parie que vous avez déjà entendu ou prononcé quelques unes de ces phrases…

 

 Bonne lecture

 

 

 

Sales bêtes, bêtes étranges ...

 

Mon travail en 2014, tout en continuant à mettre en valeur des matériaux anciens que sont la tuile, l’ardoise et la brique, s’est orienté sur ces animaux qui nous font intrinsèquement peur, frissonner ou nous faire perdre notre sang froid. Etrange, difforme venimeux, ils ont tout pour nous faire reculer, fuir et hanter nos cauchemars. Je veux parler des araignées, salamandres et autres méduses.

 Méduses - installation suspendue

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Salamandre - Marc Kraskowski

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Araignée soloEt pourtant, ils méritent qu’on s’intéresse à eux au niveau artistique  parce qu’ils matérialisent nos peurs. Vaincre ces peurs contribue à mieux se connaître. Mon approche se veut « dédiabolisante »  et ludique  à la fois. Comment essayer de  rendre sympathique ces « sales bêtes » ? D’abord en tout premier lieu, j’ai cherché à casser les stéréotypes, en leur donnant des couleurs décalées par rapport à la réalité. Je les ai ensuite « mis en situation » suspendu à un fil comme flottant dans les airs ou entre deux eaux.  Ainsi sont nées mes méduses et les araignées. L’association d’objet usuels de tous les jours, poterie, brique, écumoire, corde à sécher le linge, finit par nous les rendre familiers. Combien d’enfants et leurs parents avec eux lors d’expositions ont été fascinés par la danse collective et coloré de ces mobiles bercés par le vent. La peur est oubliée.

La preuve est faite qu’en changeant de contexte, celui qui fait peur peut être regardé autrement. J’ai vu dans mon jardin, de vraies araignées, filer leur toile entre mes installations d’araignée suspendues. J’ai même vu des mouches en faire leur zone de jeu de prédilection !

 

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Salamandre

Le côté ludique de la salamandre est à chercher ailleurs. Ne ressemble-t-elle pas à un immense rubiscube qu’on voudrait tourner dans tous les sens ou à un puzzle dont on voudrait compter le nombre de pièces sans se tromper ?

 

L’inquiétant n’est toutefois jamais loin. Ne paraît-elle pas tapie, prête à bondir sur sa proie ? Sa couleur n’est pas non plus anodine. C’est  celle  de la terre et elle nous rappelle aussi que le danger peut être partout autour de nous et qu’il peut prendre milles facettes, autant que de morceaux de tuiles qui constituent sa carapace.

 

La légende veut que la salamandre vive dans le feu. Celle-ci a  peut être hanté le foyer qui a servi à cuire ces petites tuiles du Pays de Bray qui désormais l’habillent.

 

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Méduses, araignées et salamandres pourraient bientôt être rejointes par des scorpions, des hippocampes, autant d’animaux qu’on qualifie de « sales bêtes » au pire, « d’étranges » au mieux, mais qui vivent qu’on le veuille ou non à nos côtés et constituent des mondes parallèles au nôtre…

 

 

Marc KRASKOWSKI - sculpteur contemporain - krako.marc@orange.fr - 03 44 82 64 47 - Tous droits réservés.

Webmaster - Audrey KRASKOWSKI - 06 87 66 19 72

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